et le chant de ses sabots parcourant la ville...
Mais...
Le convoi était exceptionnel, et il aurait fallu une distance moins grande à parcourir.
Pouldreuzic ? Landudec ? J'y ai bien pensé...
Et puis, qui dit "Princesse" dit Roulotte ?
Faisons les comptes : j'ai dormi aux roulottes (immobiles) de Brasparts ; dans une roulotte gitane (hippomobile) à côté de Quidam, dans une cabane-roulotte au domaine des Ormes, dans la petite roulotte de l'association "le sabot et la Plume"...
Je pense avoir épuisé toutes les cartouches.
Je n'ai pas retenu la roulotte tractée par Princesse pour privilégier la rencontre d'une population qu'au mois de juin, je n'avais pu rencontrer. Ainsi, les résidents de la maison de retraite. C'est avec eux que je souhaite échanger, proposer de voyager avec nous en 2013, et de participer au voyage, à leur manière. Leur écrit, leur mémoire, leur histoire m'intéresse... elle sera porte de départ du voyage sur le thème de l'aviation et de la transformation de notre société, celle du 20ème siècle. Quoi de plus précieux que leur récit, même enveloppé d'une romance... entendre leur voix est essentiel...
Au petit matin, je rencontre les enfants du centre de loisirs, et partage en leur compagnie le carnet de voyage. Puis, je gagne le cap des espagnols tandis que la journaliste de France 3 me fait savoir qu'un caméraman prend le départ dans une heure... pour "capturer l'image de Princesse" lorsqu'elle arrive à la maison de retraite...
Je comprends alors que France3 Ouest, que j'avais eu au téléphone avant mon arrivée au domaine des Ormes (j'étais alors dans un bouchon à la sortie de Saint-Malo, il fallait bien que je m'occupe) et informé de mon voyage en petite voiture, a transmis mon dossier de presse à France3 Iroise, sans informer du "détail" qui fait la différence.
- De "cheval", je n'ai que la puissance de la petite voiture, dois-je répondre...
- Ah...
- Sachez que je prends bientôt le départ pour un grand voyage, à cheval et en roulotte, alors, si on ne se voit pas cette fois-ci, une nouvelle occasion se présentera très vite...
J'aurais dû répondre : venez saisir les mots "sacrés" des anciens lorsqu'ils découvrent le carnet de voyage et le film-conté, venez prendre l'image de leurs yeux, qui galopent sur des champs intemporels, l'imaginaire en fête ! Venez partager avec nous la chaleur qui émane de ces rencontres, les débats animés, les chants et les notes heureuses... Venez saisir cette Bretagne que je parcours lentement, et le coeur joyeux.
Pourtant, je n'insiste pas... le prochain départ sera festif, laissons faire les choses et le monde intérieur ouvrir grandes ses portes aux voyageurs éveillés...
Je raccroche, amusée...
A mon arrivée à la maison de retraite, m'attend la directrice de l'école primaire de Crozon, venue me demander une participation active dans son école et avec ses élèves autour de l'écriture. Ma tête balance de haut en bas tant les propositions oeuvrent pour le succès du projet 2013... je dois cette effervescence aux journalistes (presse/radio) et à l'intérêt qu'ils témoignent tous les jours pour ce Tour de Bretagne 2012.
La rencontre à la maison de retraite est heureuse, une résidente nous lit le parchemin de Quimper en breton... une autre la lettre de la prison des femmes de Rennes, et enfin, au goûter, je prends place à côté de Marie et l'écoute me raconter le rôle qu'elle a tenu dans la résistance. Le poids d'une belle-mère qu'elle a dû subir une vie durant, sans oser dire "non", s'affirmer, se cabrer contre les forces rebelles. "Je dois pardonner"... je pardonne, dit-elle, d'une voix claire... elle poursuit... et je reste là, à boire du thé...
Au moment du départ, je propose à l'animatrice de poursuivre le lien. Nous évoquons 2013.
Elle sursaute de joie : "l'année prochaine nous travaillons sur l'histoire des moteurs, et du progrès, me dit-elle.
Alleluïa !
En retard, mais sous un ciel bleu, immense... je quitte Camaret-sur-Mer pour revenir au point de départ : Trégunc... et la château de Kerminaouët.
Quelle soirée ! Des berlines, voitures de sport, et cabriolets se partagent le parking, et je viens me blottir là.
Dans le hall d'accueil, une famille allemande désespère de trouver un interprète, car leur voiture semble "rendre l'âme" et le dépanneur doit arriver d'un moment à l'autre.
Ainsi commence une soirée où les langues étrangères se mêlent au désir de découvrir la Bretagne et ses nombreuses richesses.
Les vrais miracles font peu de bruit, nous dit Antoine de Saint-Exupéry...un peu à l'image de cette jeune allemande qui, sans se soucier de son apparence, s'approche du piano, sur la pointe des pieds, et se met à jouer...
J'étais là, dans le salon, à installer la télévision et à brancher les câbles. Et ces quelques notes de Bach ont empli la pièce d'une émotion particulière...
Je touchais à la fin de mon voyage, le temps de passer à défaire les bagages... et de dire merci, à notre Bretagne intérieure.
Autour d'un verre de sancerre, le film dévoile les charmes de notre région, le dépanneur arrive, je m'éclipse... traduit ce que je peux traduire et reviens dans le salon...
Le film sur l'île Maurice est réclamé...
Nous poursuivons jusqu'à se mettre à table, et déguster une aile de raie et ses petits légumes.
Et poursuivre encore, à l'extérieur. Les souvenirs remontent, 2007, la roulotte et Quidam dans le jardin. Monsieur Dubois, propriétaire du château approche sa chaise, et nous poursuivons la conversation jusque tard dans la nuit...
Demain, mercredi 22 août marque la fin de mon voyage...
Je n'aurai pas le dernier mot...




