Combien de portes avons-nous traversé avant de rejoindre les détenus qui étaient ce jour "invités au voyage"...
Et nous voici à parler "roulotte", freins, pneus, ce temps pas si lointain que certains parmi eux connaissent, l'univers des forains.
- Si ça s'trouve, s'exclame l'un d'eux dans le souvenir de son grand-père forain, on t'a traité de voleur de poules !
- Eh bien oui, une fois, je réponds tout en invitant à poursuivre sur ce sujet...
Nous n'avons pas parlé de pierre, de patrimoine, de châteaux, "y'en a tellement" précise l'un d'eux, mais bien de la stabilité de la roulotte, de l'univers des gens de voyage, des caravanes derniers cris qui effacent le pittoresque de l'esprit nomade... et deux heures durant, la promesse de les inviter au voyage a été tenue, soutenue par trois diaporamas...
Il ronronnait derrière la porte, jusqu'à ce qu'elle s'ouvre...
Il se lovait entre les jambes, jusqu'à ce qu'une caresse l'enveloppe complètement...
et il revenait se poster derrière la porte...
Et puis, il a fixé ses heures de présence le visage collait à la porte comme s'il avait longtemps guetté les habitudes... et elle s'ouvrait... bien sûr... 
Et puis, il a fait froid au mois de novembre, grand froid au mois de décembre, et à force de ronronner, de ne rien demander d'autre qu'une caresse... il a fini par franchir le seuil de la porte, par monter les escaliers, par s'installer... en ronronnant toujours...
Depuis... il est là...
Et après les portes et les caresses ce qu'il aime le plus, c'est... dormir !